Brosses et pinceaux : l'entretien

Publié le par Malivoyage

Anatomie et définitions :
Une brosse est constituée de poils durs, elle est destinée plutôt à l'huile et à l'acrylique.
Un pinceau a une tête de poils, voire de plumes (comme en Chine mais aussi à la Renaissance où la plume du bout de l'aile de la Bécasse était connue à la fois pour sa souplesse et sa nervosité).
Ils sont contitués d'un manche, d'une virole ou d'un montage plume et pour finir d'une touffe avec un talon, un ventre et une pointe.

Nettoyage ou lavage?
Tout dépend de la peinture déposée sur l'outil.

Chaque fabricant a bien sûr inventé ses produits de nettoyage.

Les fabricants de pinceaux ont créé des nettoyants qui tiennent compte des besoins de leur touffe. En effet, les poils et les soies animales contiennent naturellement un peu de graisse qui contribue à leur conservation et à leur souplesse. Le nettoyant doit respecter ses besoins pour que le pinceau garde ses qualités. Les poils synthétiques n'ont pas besoin de cette précaution et sont souvent plus résistants que des poils naturels dans le cas d'un usage intensif. Ils résistent mieux aux produits décapants et aux solvants.
Les fabricants de peinture sont les mieux placés pour savoir les capacités d'adhérence de leurs produits et, de ce fait, ont pu créer des produits nettoyants efficaces et parfaitement compatibles avec leurs peintures.
Bon, soyons honnêtes, on a tous craqué devant un savon ou nettoyant à pinceaux, voire un lave-pinceaux... et on n'en est pas morts ni ruinés!

L'entretien du pinceau dépend donc du type de peinture et du type de pinceau.

Les pinceaux et brosses synthétiques conviennent parfaitement à un travail pas trop fluide (ils retiennent quand même moins bien le liquide) jusqu'à la pâte ; on l'a déjà dit, ils s'usent moins vite que les pinceaux en poils naturels, mais peuvent décevoir certains ; ils résistent à tous les types de nettoyage.

Laisser tremper le manche  dans l'eau, c'est prendre le risque de faire éclater le vernis sous la dilatation du bois dans l'eau : à proscrire, ou bien en dernier ressort, si c'est le seul moyen de lui éviter la poubelle, on aura un pinceau au manche écaillé, mais on aura (peut-être) sauvé son pinceau...

Quand on applique de la peinture en pâte épaisse avec des brosses, le matériau risque de s'accumuler dans les soies près de la touffe (le talon), et en sèchant, de provoquer la rupture de ces soies.
Pour limiter ce risque, mieux vaut mélanger sur la palette ses couleurs épaisses avec un couteau à mélanger.

Le nettoyage a lieu avant le lavage mais ne concerne que la peinture à l'huile, c'est pourquoi nous le traiterons en dernier.

Lavage :  il concerne toutes les peintures et tous les pinceaux.
Les soies de porc, de mangouste, les poils de martre, de poney, de chèvre, de loup, de petit-gris... naturels, quoi! ont besoin d'un peu de graisse naturelle, c'est pourquoi il est important d'utiliser un savon (solide de préférence, c'est plus léger en emballage pour l'environnement et beaucoup plus économique) riche en lanoline (le composant épuré du suif de mouton à l'origine de beaucoup de recettes de savon, berk!) Un savon de Marseille digne de ce nom contient plutôt de l'huile d'olive, mais pas toujours : A vos loupes pour décrypter les étiquettes! et quand vous avez trouvé un bon, vous en avez pour un bout de temps!

Pour l'acrylique (et les liants acryliques et vinyliques) :
Le plus important est de NE JAMAIS LAISSER SECHER LA PEINTURE SUR LE PINCEAU! sinon, il est bon pour la poubelle : mieux vaut prévenir que guérir.
Certains emballent leurs pinceaux sales dans du papier alu ou du film puis les mettent au frigo et d'autres les mettent au congélateur, je suis sceptique et je ne trouve pas ça hygiénique!

Mode d'emploi :
_mouillez la touffe
_frottez-la sur le savon solide, ça mousse déjà un peu
_Faites des 8 dans la paume de votre main, la couleur sort
_rincez
_recommencez jusqu'à ce que la mousse soit immaculée
_laissez sécher à l'air libre, la touffe en l'air (et à l'abri des chasseurs de poils et de plumes du genre félin : pas dans la cage du tigre, donc!)

Pour l'huile : le nettoyage préalable :
- essuyez sérieusement les soies dans un chiffon
- trempez le bout des soies dans l'essence de térébenthine ou le White spirite (plus toxique, mais pour le lavage, ça suffit).
- mélangez en faisant des huit pour faire sortir le liant (l'huile de lin) et la couleur.
- rincez dans le solvant (Whiste Spirit) jusqu'à ce que les 8 soient clairs et limpides comme cette explication... (hum!)
- le solvant souillé (ou non) ne doit JAMAIS  être versé dans les canalisations, mais stocké dans un contenant fermé (à cause des vapeurs et des risques dexplosion et d'inflammation) pour être rapporté en déchetterie.
- on peut le réutiliser pour le nettoyage des brosses  après décantation et filtration.


Astuce pour pinceau déformé :

On peut tenter de tremper la pointe dans de la gomme arabique (ou à défaut un bon savon un peu gras), de lui redonner sa forme originelle et de laisser sécher touffe en l'air. Cette "re-mise en pli" marche mieux sur les poils mous.
Dans tous les cas, la prévention est la meilleure solution "gain de temps et économie" :
Ne pas laisser tremper ni stocker les pinceaux en appui sur la touffe!

Astuce anti-sèche pour les produits à séchage très rapide même en cours d'utilisation ou vraiment très mauvais pour les pinceaux (liants-colles acryliques et vinyliques, gomme-réserve...) :
Couper une bouteille d'eau pas trop grande ou de lait  (à section carrée, c'est plus stable) en deux dans le sens de la longueur (bon courage, c'est dur, le plastique!)
Et voilà, vous avez deux réceptacles à rinçage/trempage qui évitent de faire reposer tout le poids sur la touffe et maintiennent même le manche hors de l'eau...


C'est l'anti-sèche de  Philippe Happe, merci Philippe.

Publié dans Astuces de peintres

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