comment et quand finir un tableau?

Publié le par Malivoyage

Quand mon tableau est-il fini?

Dans un de ses articles, Gene détaille la progression de son tableau. Dans le commentaire, j'avais commencé une réflexion sur ce qu'est "finir un tableau" :

"Tes conseils sont judicieux. Pour ma part, travailler par séances de deux heures me permet d'avancer, mais ausi de m'arrêter. Quand je m'énerve, que je ne trouve pas, je n'hésite pas à aller faire le tour de l'atelier, voir ce que les copines font... d'aller préparer le thé pour tout le monde. Et quand je reviens sur mon travail, je vois avec un oeil neuf. Pour ce qui est de la grande question"c'est-y terminé?", comme on dit chez nous, s'arrêter à 80% du travail, laisser décanter une semaine et reprendre : quelques détails suffisent avant d'en faire TROP. Ce serait le sujet d'un article tout entier... "

Bon, l'auto-citation, c'est pour vous faire comprendre la genèse de cet article, pas plus... et ça permet de corriger les fautes de frappe!

 

On commence par la fin?

C'est une question des plus difficiles et unes première qui se pose au pratiquant.

Nous avons tous expérimenté la mésaventure suivante :

Un tableau, un dessin nous satisfait à peu près, mais pour combler cet à peu près, on ajoute ci, on refait ça, on tripatouille par ci, on fonce par là. Et catastrophe! Ça ne va plus du tout!

On dirait que chaque tableau est constitué d'étapes, de palliers, qui, si on les franchit, faussent, salissent, abîment le tableau en cours : il était proche de l'achevé ; et là, il est près du raté!

Or, ceci constitue plutôt un cycle : si on dépasse le pallier qui menait à l'achèvement, on n'a qu'une solution pour sauver le tableau : aller jusqu'au prochain pallier (et s'y arrêter!).

Et là, les aquarellistes, les pastellistes crient "hola! Le papier, lui, ne supporte pas indéfiniment qu'on chemine sur sa surface!" Les techniques en épaisseur ont un potentiel de cycles beaucoup plus long que les techniques sur papier. La vie est injuste, mais rien ne vous empêche de changer de medium... Quoi de mieux pour expérimenter ce franchissement des portes, ponts, palliers, escaliers et échelles?

 

Alors "comment savoir quand s'arrêter de peindre?"

En peignant, en se trompant, en analysant ses erreurs, en se faisant aider par un professionnel de l'enseignement des arts plastiques... Bref, par la pratique, l'expérience, ce qui ne se transmet pas vraiment mais s'acquiert à force d'erreurs.

Quelques astuces expérimentées par moi au cours de ma petite pratique, mais aussi glanées ça et là :

Quand je ne sais plus où aller, que peindre, comment le peindre, de quelle couleur... je m'arrête! Je fais une pause et je me réserve ainsi la capacité et l'énergie de foncer pour quand ça roule tout seul.

La pause peut durer... le temps d'aller aux toilettes, un tour d'atelier, une nuit, une semaine, des mois, un an, plusieurs années... Qui vous impose un délai, sinon vous?

Quand on revient sur un tableau, on sait où on va. Et s'il est presque fini, fignoler deux-trois détails, PAS PLUS: il vaut mieux laisser une porte ouverte au spectateur, plutôt que TOUT lui dire.

On peut regarder son tableau dans tous les autres sens que son sens de lecture final : Cela permet de juger la composition, les rapports de couleurs, de valeurs : en rendant abstrait le tableau, on découvre de nouvelles pistes à explorer.

Le miroir est aussi très utile.

Sinon, alterner les tableaux en cours pour ne pas se lasser ou s'épuiser. Cetains sont trop engagés dans un tableau pour se consacrer à un à côté. D'autres risquent de ne JAMAIS terminer un tableau... et de ne faire que les commencer.

La seule astuce est de bien se connaître et d'écouter ce qu'en dit cet ami au fond de nous : "tu es fatigué(e)? Fais une pause, la nuit porte conseil"

Et de se lever dans le matin frais et de poser le point sur le i qui, seul, manquait.

 

Publié dans Astuces de peintres

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