Je dessine depuis toujours : mon grand-père pourrait vous montrer le dessin qu'il a gardé (comme pour tous ses petits-enfants) : une princesse!
Un air de famille?
Mon grand-père dessine, mon père a pris des cours de dessin lors de sa formation, aujourd'hui, il fait surtout des schémas, mais il retrouverait bien vite ses
automatismes, car c'est un fin observateur. Mes tantes développent ou ont développé leurs capacités créatrices sous diverses formes selon les périodes de leur vie. ma soeur a un joil coup de
crayon, quand elle trouve le temps de s'y mettre. Il y a donc des qualités d'observation, d'imagination dans la famille, et je vous passe la génalogie des inventeurs!!! Mais ça ne suffit pas.
Je remercie mes parents d'avoir laissé libre court à ma curiosité. Les visites de musée, pas tellement l'occasion ; mais l'amour du patrimoine, saisir l'occasion d'apprendre, d'observer un
phénomène nouveau, de chercher à comprendre pourquoi et comment, ça, oui! Une activité de tous les instants.
Etaient-ils bien naïfs, ou simplement très ouverts, de me donner un peu d'argent, à 16 ans, pour assister à des séances de travail d'après modèles vivants? Jamais je ne me souviens avoir dû
solliciter leur autorisation, ni même remarqué une quelconque réticence de leur part. La confiance...
Merci à tous ceux qui font confiance à la nature humaine.
Autodidacte?
certainement pas! Je suis un pur produit des écoles municipales d'arts plastiques!
Premièrement, celle de Parthenay, (79) avec M. TROUVE et M. BAUDOUIN, aujourd'hui à la retraite, où
j'ai pratiqué à partir du CE2 (dur, dur les proportions, quand on n'a pas encore vu la division!) jusqu'à la fin du lycée ; en atelier le vendredi soir où nous avons repeint la Tour Eiffel en rose
et chatouillé du bout du fusain les orteils du modèle endormi ! Où nous avons vu pratiquer diverses techniques : DAO, sculpture sur béton cellulaire, gravure... 
Ensuite, une UV libre aux Beaux-Arts de Poitiers,(86) doublée pour le plaisir de pratiquer :
la première année : révision de toutes les techniques classiques : gouache, découverte du papier velours comme support au pastel sec, premier contact avec
l'huile, avec l'aquarelle, délire avec les feutres aquarellables, dessin académique... Finalement, reprise des bases, la maturité
en plus.
la deuxième année : après le départ du vieux monsieur un peu strict, un petit corse venu des Beaux-Arts de Bordeaux nous confronte au dessin d'observation : un bout de
cagette, du brou de noix, du papier journal vierge, et on dessine ce qu'on voit! Critique systématique de tous les chevalets. On progresse grâce aux erreurs et réussites des autres. C'est là que
j'ai découvert la richesse du travail en atelier. Aux 2ème et 3ème trimestres, modèle vivant! 3h le mercredi soir, je me souviens que je ne marchais plus droit en sortant tellement
c'est fatigant! Mais quelle gymnastique pour l'oeil (le cerveau et la main!) Une année formidable, une école extraordinaire.
Puis j'ai terminé mes études et commencé à travailler donc fait un break de trois ans.
A Libourne(33), Philippe HAPPE à l'école municipale m'a proposé très vite de vrais "sujets" : parfait pour une
littéraire comme moi ; j'ai découvert un bon nombre de maîtres. J'ai appris à m'arrêter à temps ; retour à des techniques variées : huile
, acrylique
, pastel gras
, cera-colla, peinture à l'oeuf,
encres, mixage de techniques

En 1998, un concours de circonstances me plonge dans un stage d'aquarelle de 60 heures avec le CEDTE et Roger DELAUTRE.
Magnifique apprentissage et pourtant, quel défi! Moi qui suis fâchée avec les pinceaux et la couleur! j'y apprends tout ; je sors de cette semaine parfaitement autonome. Je pars pour Madagascar
avec mes pinceaux, je peins quelques scènes et natures-mortes sur place et et d'autres au retour. 
A
l'école d'arts plastiques, Philippe m'aide à mettre en place mes
aquarelles, me pousse à mélanger les techniques, mais
n'étant pas aquarelliste lui-même, côté technique, je me débrouille seule. L'école municipale ferme ses cours à ses élèves au bout d'un cursus de 5 ans, car il y a une longue liste d'attente. Je
dois partir,
2006, je suis mutée à Coutras, j'y trouve un atelier nouveau-né :
Plastickart (ce sera l'objet d'un autre article). Je viens avec quelques travaux sous le bras et mes
attentes : un lieu et un créneau horaire pour travailler, aussi un regard critique. J'y suis toujours.
J'aime l'ambiance de l'atelier : c'est studieux et
convivial : on peut se faire un thé ou une tisane, mettre de la musique ou l'éteindre, échanger quelques mots avec les
autres élèves, s'encourager, évaluer un problème... Je fais le choix de ne pas travailler chez moi où le ménage, la cuisine prennent le pas sur la
peinture.
Merci
à tous mes professeurs qui ont su canaliser mes défauts et doper mes qualités.
Merci aussi à tous ceux qui se sont tus et se sont contentés de regarder.